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Cessons d'acheter le lait industrialisé en grandes surfaces PDF Print E-mail
Written by Administrator   
Mardi 15 Septembre 2009 à 01:46
Cessons d'acheter le lait industrialisé en grandes surfaces.

De nombreuses organisations de producteurs appellent à soutenir les producteurs laitiers en grève. Concrètement, elle appelle les buveurs de lait, que beaucoup d'entre nous sommes, à soutenir la revendication d'un prix rémunérateur pour les producteurs. Et les les payeurs d'impôts, que nous sommes tous,  à refuser que le budget européen serve à exporter des produits laitiers à des prix en-dessous des coûts de production (dumping), qui ruinent la production laitière locale dans les pays du Sud.

Les producteurs laitiers wallons ont décidé jeudi soir lors d'une réunion rassemblant 1.000 producteurs laitiers, de faire la grève du lait,  et ce contre l'avis des dirigeants du syndicat agricole dominant, la FWA. Et en dépit du bon sens. En effet, que les producteurs de lait wallon cessent d'approvisionner les laiteries, ne provoquera pas la rupture de stocks dans les grandes surfaces. Le lait viendra des pays voisins. Il y a, sur les 16.000 exploitations agricoles que compte la Région wallonne,  près de 2.300 exploitations spécialisées en production laitière. Que mille producteurs décident à l’unanimité de faire grève montre bien l'état de désespoir des producteurs, qui vont traire leurs vaches et jeter la production à l'égoût.

Le mouvement des producteurs a besoin du soutien actif des buveurs de lait. Il ne suffit pas d’arrêter de livrer les grandes surfaces en lait. Il faut aussi que nous, buveurs de lait, n’achetions plus le lait industriel. Nous avons une alternatives : nous fournir directement chez les producteurs de notre coin.

Cessons d'acheter le lait industrialisés en grandes surfaces. Allons chez ces producteurs leur demander de nous offrir les quelques litres de notre consommation quotidienne. En contrepartie, payons-leur un prix correct ou organisons un fonds de soutien dans lequel nous verserons volontairement le prix des litres consommés. Ce fonds servira à soutenir les producteurs grévistes.

Vite dit!
Et pourquoi pas?
Nous sommes certainement capables ensemble :
- d'identifier les producteurs laitiers de notre coin en grève
- de dialoguer avec eux
- de donner ce que nous couterait le litre acheté en grande surface
- d'organiser les principes et la gestion d'un fonds de soutien (convenir avec les producteurs des appuis concrets à leurs financer ; les dispositifs de décision démocratiques; la gestion des fonds et le contrôle de leur affectation)
Et ce serait peut-être le coup de pied au cul, aux consommateurs et aux producteurs, pour relancer un circuit court de production et de distribution de lait local, sans passer par les laiteries et les transformateurs industriels, ni par le système des quotas laitiers européens.

 Le libéralisme économique que nous impose l’UE anéantit  tout ce que la société attend de l’agriculture européenne (qualité, fraîcheur, traçabilité, durabilité de la production, respect des animaux et de l’environnement, sauvegarde du rural et préservation du paysage agricole, protection de la biodiversité) et par-dessus tout maintien des agriculteurs sur leurs terroirs. Cette politique ne nous convient pas. Par quel bout faut-il commencer à le transformer ? Saisissons l’occasion qui se présente.


Ceci est un ballon d'essai. Qu'en pensez-vous? Quelles ressources et quelles énergies, quelle créativité êtes-vous prêts à mobiliser? Parlez-en autour de vous. Manifestez-vous et voyons ensemble ce que nos sommes capables de faire.

Etes-vous prêts

à ne plus acheter de lait industriel en grandes surfaces ?

à diriger votre pouvoir d’achat directement vers les producteurs ?

à chercher et à prendre contact avec les producteurs laitiers de votre coin ?

à sensibiliser votre entourage ?

à proposer votre aide aux organisations de producteurs, et à imaginer de nouvelles formes de collaborations

à dynamiser des réseaux de consommateurs, ou plutôt de « mangeurs » et de « buveurs » ?

à interpeller vos élus et politiciens locaux ?

Merci de votre attention

Luc Woitrin



 

COMMUNIQUE DE PRESSE

La VIA CAMPESINA,

Bruxelles, jeudi 10 septembre 2009

 

 * Crise laitière: la Coordination Européenne Via Campesina soutient les producteurs de lait en grève et appelle à des actions complémentaires. *
 

La crise laitière s'aggrave dans l'Union Européenne. L'inertie et l'absence de volonté politique des gouvernements et de la Commission Européenne engendrent la colère et le désespoir des producteurs

**. Dans ce contexte, une grève du lait est lancée ce jeudi en France, à l'initiative du European Milk Board.*


La Coordination Européenne Via Campesina soutient et soutiendra les producteurs et productrices de lait en grève.
 

Elle appelle les organisations paysannes à entreprendre des actions de blocage des laiteries, des usines de fabrication de poudre de lait, ainsi que des centres de stockage de poudre de lait (pour éviter un déstockage briseur de grève).


Elle appelle les consommateurs à soutenir la revendication des producteurs pour un prix du lait à la production qui reconnaît la valeur de leur travail et pour une limitation des marges entre la production et la consommation.
 

Elle appelle les contribuables à refuser que le budget de l'UE serve à exporter des produits laitiers à des prix en-dessous des coûts de production (dumping), qui ruinent la production laitière locale dans les pays du Sud.
 

C'est la mauvaise politique laitière qui est responsable de la situation de surproduction: il faut en changer, comme nous l'avons proposé ces derniers mois. Il s'agit d'abord de réduire la production du pourcentage nécessaire pour équilibrer le marché et faire remonter les prix à la production. Il s'agit de le faire proportionnellement au volume de production par actif de l'exploitation, les petits producteurs ne subissant pas de baisse.
 

Il s'agit aussi de lancer un débat européen sur les modes de production laitière. A quelques mois de la conférence climatique de Copenhague, l'UE ne peut plus défendre un modèle de production intensif basé sur l'importation de soja d'Amérique latine, transformé en excédent de beurre et de poudre de lait. Non seulement cette dépendance rend l'UE très vulnérable sur le plan stratégique, mais elle va de pair avec des dégâts environnementaux et sociaux tant en Amérique Latine qu'en Europe.

 
L'UE n'a pas le droit de parier sur la résignation des producteurs. Elle peut, elle doit résoudre rapidement cette grave crise. Elle doit changer la politique laitière pour obtenir la légitimité économique, sociale, environnementale, et internationale nécessaire pour affronter les défis immenses qui nous attendent.

*contacts *: Lidia Senra +34 609 84 5861 - René Louail +33 6 7284

8792,membres du Comité de coordination


Voir lettre ouverte ECVC à l'UE du 1/9 et le communiqué ECVC du 8/9. *www.eurovia.org*

Rue de la Sablonnière 18 – 1000 Bruxelles– tel +32 2 217 31 12–
– www.eurovia.org
 

PLUS d’INFO :


EMB :

European Milk Board

www.europeanmilkboard.org

L’European Milk Board (EMB) est une association représentative des intérêts des producteurs laitiers en Europe. Cette association a des membres dans 14 pays européens et représente ainsi environ 100 000 producteurs laitiers. Elle défend une production laitière durable porteuse d’avenir pour permettre aux éleveurs de vivre décemment de leur travail.

Les ONG solidaires des producteurs de lait : ici et ici
 
RTBF Info, 11 septembre 2009

La grève du lait, l'action de la dernière chance

Le reportage de Carl Defoy

Erwin Schopgès, président de la section belge des producteurs de lait (C. Defoy)

Témoignage de 3 producteurs de lait : Urbain Moureau, Guy Franck et Sébastien Demoitié (C. Defoy)

11.09.09 - 11:00

C'est pour eux, un peu l'action de la dernière chance : certains sont au bord de la faillite. Les producteurs de lait vont tenter d'assécher le marché, pour obliger l'Europe à réglementer leur production.

Plus de 800 fermiers wallons, flamands et luxembourgeois étaient au rendez-vous fixé à Ciney, par le Groupement d'intérêt des producteurs laitiers (MIG), ce jeudi soir.

A l'appel de l'association européenne des producteurs de lait, ils ont décrété la grève du lait.

Depuis ce vendredi matin, ils ne fournissent plus les laiteries.


La situation des producteurs laitiers est réellement calamiteuse : ils travaillent, produisent mais vendent en-dessous de leur prix de revient. Une situation qui ne peut s'éterniser.

Le choix, tel que les producteurs affiliés au MIG le présentent, est donc simple : soit continuer à vendre son lait et continuer à perdre une dizaine de centimes au litre, soit faire la grève et renoncer à toute rémunération, en espérant faire rapidement pression sur les prix.


Le jeu est toutefois dangereux dans la mesure où il se joue dans un contexte de marché international et qu'au sein-même de l'Europe, tous les producteurs ne sont pas du même avis.

 

Les grévistes pourraient donc beaucoup perdre sans rien gagner.

 

Ce type de protestation coûtera en effet cher à ceux qui y participent mais pour beaucoup, c'est le dernier espoir de changer les choses. C'est d'ailleurs ce qui fait qu'en France où les mêmes actions de grève ont été envisagées dès après la traite de jeudi soir, les fermiers sont partagés sur le débrayage.

 

Leur but commun : assécher le marché et obtenir par là une régulation du marché européen.

 

La seule inconnue chez nous, c'est : combien seront-ils à participer effectivement au mouvement ?

 

Le président de la Fédération wallonne de l'agriculture, René Ladouce, est pour sa part contre la grève du lait. Il redoute avant tout que les producteurs de lait wallon ne perdent des marchés importants aux profits des non grévistes du nord du pays et du reste de l'Europe.

 

Des actions présentées comme spectaculaires doivent avoir lieu à partir de 10h30 ce matin à Charleroi, Liège et Arlon pour soutenir l'action des fermiers. Ils devraient ensuite se rendre dans les laiteries pour empêcher les livraisons de lait.

 

(M.P. avec Carl Defoy)

Crédit photo: RTBF

 

Infos Actualités

 

Le sillon belge :

http://www.sillonbelge.be/fr/article/appel-a-la-greve-du-lait/7779.aspx

http://www.sillonbelge.be/fr/article/regulation-laitiere-discussion-des-vingt-sept-sans-reponse-a-la-crise/7745.aspx

 

 
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